Il faut y penser à deux fois avant d’effectuer des retraits dans ses REER. Dans certaines situations, cela peut malgré tout s’avérer une bonne stratégie. Voici lesquelles.
Lorsque l’on retire de l’argent de ses REER de façon anticipée, la facture est salée. Car non seulement l’institution financière fait des retenues qui peuvent aller jusqu’à 31% en fonction des sommes retirées, mais vous pourriez aussi être pénalisé en perdant des crédits d’impôt et des déductions fiscales l’année suivante, si votre taux d’imposition est modifié par cet apport d’argent. De plus, contrairement au CELI, les droits de cotisation à un REER seront définitivement perdus. Il y a toutefois des cas où cette stratégie est appropriée.
Vous avez près de 60 ans et vous aimeriez bientôt prendre votre retraite
En réclamant le versement de la Régie des rentes du Québec à 60 ans, vous pourriez perdre des centaines de dollars par mois, et ce durant tout le reste de votre vie. Si vous êtes en bonne santé, patientez plutôt jusqu’à vos 65 ans et en attendant, retirez vos REER. «Dans ces conditions, le rendement sera nettement plus intéressant, car il en coûte généralement 7,2% par an de demander son RRQ de façon anticipé», explique Martin Leduc, planificateur financier pour le cabinet Symbiose – Gestion et protection du patrimoine.
Vous avez besoin d’une mise de fonds pour acheter une propriété
Le Régime d’accession à la propriété (RAP) permet de retirer jusqu’à 25 000$ de vos REER, sans que ces sommes soient imposables, pour acheter une propriété. Pour être admissible, il y a plusieurs critères, notamment ne pas avoir été propriétaire dans les cinq dernières années. Il faudra toutefois commencer à rembourser ce retrait trois ans après celui-ci, et la durée de remboursement ne peut excéder 15 ans.
Vous n’avez pas de REER? «Une autre stratégie consiste à demander un prêt REER à votre institution financière. Cet argent devra être déposé dans un REER au moins 90 jours avant que vous puissiez avoir recours au RAP», souligne Martin Leduc. Utilisez le remboursement d’impôt que générera cette cotisation comme mise de fonds pour l’achat de la propriété et le retrait du REER après 90 jours servira quant à lui à rembourser le prêt. Vous aurez également 15 ans pour rembourser le retrait effectué dans le REER.
Vous souhaitez retourner aux études
Avec le Régime d’encouragement aux études (REEP), vous pouvez retirer jusqu’à 10 000$ par an pendant quatre ans de vos REER, jusqu’à concurrence de 20 000$, afin de payer vos frais de scolarité ou ceux de votre conjoint. Vous devrez rembourser ces montants en 10 ans maximum.

Conseils

  • Décaisser ses REER peut avoir un impact fiscal bien plus élevé qu’on le pense. «Il n’y a pas que la hausse d’impôt à considérer, il faut aussi évaluer la perte des différents crédits et déductions», dit M. Leduc. Plusieurs planificateurs financiers utilisent les courbes du fiscaliste Claude Laferrière (disponibles sur le site du Centre québécois de formation en fiscalité www.cqff.com) pour déterminer quel sera le taux réel d’imposition encouru avec ces sommes additionnelles. Consultez-les pour avoir un meilleur portrait de votre situation personnelle et savoir si c’est le bon moment pour retirer vos REER.
  • En dehors des situations détaillées dans cet article et de quelques autres cas d’exception, utilisez plutôt vos autres sources d’épargne (CELI, CPG non enregistrés, etc.) avant de piger dans vos REER.
  • Vous avez contribué au REER de votre conjoint? Sachez que si celui-ci effectue un retrait dans les trois ans suivant cette cotisation, vous devrez payer l’impôt qui est rattaché à ce retrait, car ces sommes seront ajoutées à vos revenus.
Samedi, 17 février 2018 00:00
MISE à JOUR Samedi, 17 février 2018 00:00